Elles étaient plus de 320 Gazelles au départ du Rallye Aïcha des Gazelles dont 60 roulaient en Isuzu. Nous avons suivi leurs aventures chaque jour pendant les neuf jours de course et nous finissons aujourd’hui cet épisode sportif avec l’interview des Tamagaïa, premières Gazelles en Isuzu au classement. Rencontre avec Sophie la navigatrice et Liliane la pilote de l’équipage 214.

Gazelles en Isuzu

Les Tamagaïa, cinq ans d’amitié et une grande complicité

“Le nom de Tamagaïa vient de l’association de tamacheq qui est un dialecte berbère parlé par les Touareg et de Gaïa qui est la Déesse Mère, Déesse de la Terre”

Sophie RENNEQUIN, 48 ans, restauratrice de tableaux et Liliane PISCAGLIA, 57 ans, assistante de direction sont liées par cinq années d’amitié, une grande complicité et une passion commune pour la nature et les défis. Toutes deux mamans et femmes très actives, elles sont aventurières dans l’âme, altruistes, positives, réfléchies (mais fonceuses). Leurs maîtres-mots : humilité et humanité !

“Dans une telle aventure, il faut être (et rester) très complice avec sa co-équipière, bien s’entendre et surtout être solidaires. Nous avons malheureusement vu de belles amitiés au départ du Rallye être réduites à néant à cause d’une erreur de pilotage ou de conduite… c’est dommage…”

Toutes deux forment l’équipage 214, Les Tamagaïa, et prennent le départ du Rallye Aïcha des Gazelles 2018 à bord d’un pick-up Isuzu D-Max 2,5 litres. Très complémentaires, Sophie est la navigatrice et Lili, la pilote. Mais elles n’hésitent pas à échanger leur place dans les dunes, Sophie se sentant plus à l’aise avec les dénivelés.

L’aventure se rêve et s’imagine d’abord, puis se projette sérieusement

Quand nos deux Gazelles en Isuzu se rencontrent il y a cinq ans, Sophie et Lili se découvrent une passion commune pour les rallyes. L’idée fait son chemin doucement… Il leur faut trouver les fonds nécessaires et le 4×4 qui les conduira jusqu’au bout des dunes.

L’employeur de Sophie, Eric Braghini, roule en pick-up Isuzu D-max. Il propose de leur prêter et de fil en aiguille il devient l’un des sponsors de l’équipage. Puis c’est au tour de Lili de défendre son projet auprès de son employeur Château d’Ax qui devient le sponsor officiel de l’équipage.

“La préparation du Rallye, c’est une aventure dans l’aventure… Il y a la recherche des sponsors, le véhicule à trouver et à équiper, le côté administratif aussi et les stages de conduite et d’orientation. Lili a été épatante, elle a défendu notre projet lors d’une convention de Château d’Ax. Ce n’est pas quelque chose d’habituel pour ma coéquipière. Elle a assuré ! Quant à Eric Braghini, sans lui nous n’aurions pas pu nous offrir un véhicule de ce gabarit…”

Aquaverde AmazonieL’esprit des Indiens Surui a soufflé sur le pick-up

Paradoxe que ce pick-up floqué à l’image de l’Amazonie et de son peuple indigène au milieu du désert marocain… Comme toutes les Gazelles, Sophie et Lili roulaient pour une cause. Elles avaient choisi celle de la reforestation de l’Amazonie en partenariat avec l’association suisse Aquaverde qui oeuvre aux côtés des Indiens Surui et de leur chef Almir Narayamoga pour sensibiliser sur l’interaction de l’homme avec la nature.

“Nous avons reçu un collier rouge chacune, symbole de la force. Colliers qui ne nous ont pas quittées. Et nous avons appris que les Indiens Surui ont prié tous les jours pour que les vents soufflent dans notre dos”

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Le pick-up qui les emmène au bout des dunes est un Isuzu D-Max Solar Crew Cab 2,5 litres de 2016

Chasseur à ses heures, Eric Braghini a fait installer dans la benne de son pick-up des tiroirs dans un double fond qui se révéleront d’ailleurs bien pratiques pour protéger le matériel du sable. Contrairement à d’autres tout-terrains de la course, le D-Max Crew Cab édition Solar ne subira aucune préparation spéciale : pas de blocage différentiel, pas de double réservoir, pas de renforcement spécifique. Il est à peine modifié par Distinxion Descollonges, préparateur Isuzu sur Dijon agréé par l’organisation du rallye, qui installe 3 plaques de protection de châssis et un treuil.

“Nous avons été agréablement surprises par le confort du véhicule. Côté mécanique, il affichait plus de kilomètres que certains 4×4 de la course et pourtant nous n’avons eu aucune panne ! Nous avons eu peur parfois que les fenêtres (en verre) du hard top ne résistent pas aux projections de cailloux. Mais rien ! Certes les pare-chocs en plastique n’ont pas tenus, mais c’était un moindre mal quand on voit les pannes de transmission, de boîtes de vitesses, de cardans que les autres participantes ont connues.”

Gazelles en IsuzuLes Tamagaïa avaient fait le choix de suivre les conseils de leur instructeur Christophe Delacours et étaient parties avec une pneumatique sous-gonflée à 1,5 bar.

« Nous avons été bluffées par la tenue de route du pick-up sur le sable. Nous n’avons pas pu éviter deux tankages mais les pneus sous gonflés nous ont très certainement avantagé sur les pistes. La consommation du D-Max est également surprenante. Après deux jours de marathon, alors que les autres participantes roulaient sur la réserve, nous avions encore la moitié de notre réservoir !”

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De Dijon à Essaouira, sans pression

Pour cette première participation, le palmarès des Tamagaïa est impressionnant :

  • 1ère des Gazelles en Isuzu
  • 3ème au classement des 1ères participations sur 106 équipages
  • 13ème au classement général

Et tout ça, sans pression !

“Nous étions là pour vivre une aventure humaine avant tout. Tout au long de la course, nous n’avons pas voulu connaître notre classement pour ne pas nous mettre la pression et vivre pleinement nos émotions. Nous en avions bien une vague idée à la lecture des mails de félicitations de nos familles et amis ou des petits mots encourageants des autres Gazelles sur le bivouac”

Les Tamagaïa ont d’autant plus de mérite qu’elles ont pris le parcours le plus court mais aussi le plus durcelui réservé aux expertes !

“Pour une première participation c’était osé mais Christophe Delacours, notre coach de stage, nous avait mises en confiance. Pour lui, nous avions tout pour réussir, un bon véhicule avec le D-Max et nos compétences ! Et il avait raison ! Nous étions parties avec un bon bagage de compétences grâce au stage d’orientation et de pilotage [une histoire obscure de tangentes et de cap – NDLR qui n’y comprend rien aux maths] et quand on voit la casse qu’il y avait tout autour de nous, c’est clair que nous avions un bon pick-up !”

Gazelles en Isuzu

Pas de pression ? Vraiment ?

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Edit 20/04/2018 – Lire la suite du périple des Tamagaïa

Interview : NatCordeaux
Crédits Photos : Maïenga et Aquaverde